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| Engagé volontaire dans l’Infanterie de Marine, il pris part aux opérations au Tonkin et en Chine. Il a servi dans les Tirailleurs Algériens, et par deux fois il a été obligé de rendre ses galons qu’il a regagné rapidement. Intelligence vive, caractère froid et réservé.349 - fin Novembre 1904 : En garnison à AMBOVOMBÉ (Madagascar), le sergent Paul-Jérôme CASALONGA reçu l’ordre de partir précipitamment avec neuf tirailleurs sénégalais, pour aller renforcer le poste de Manantenina, particulièrement menacé par les rebelles, et situé à 240 kilomètres de là. Le sergent et sa petite troupe mirent cinq jours, à raison de 45 kilomètres par jour, à travers un pays couvert de forêts, présentant partout de grandes difficultés, et offrant toutes facilités aux embuscades de l’ennemi. Ils étaient près d’atteindre Manantenina, lorsqu’ils furent arrêtés par la rivière Manampachi. Se voyant enveloppés par des bandes féroces qui croyaient les tenir, le sergent CASALONGA et ses compagnons se réfugièrent dans l’église d’Ampasimena (au Sud-Est de Madagascar, vallée de la Manampahiny) qui se trouvait près d’eux350 : - Paul-Jérôme CASALONGA est tombé glorieusement après avoir résisté pendant dix jours, avec ses neuf tirailleurs (Bakary TARAORE, Caporal - Malal DIALLO, Mary DIANKA, Mamady KEITA, tous les quatre, tirailleurs de 1ère classe - Setigny KAMARA, Mamodi DABO, Mamady KAMARA, Kaï LALLA, Amady MALASSY, tous les cinq, tirailleurs de 2ème classe), assiégés par des rebelles en nombre. Cette héroïque résistance ne se termina que par l'extermination et le massacre du groupe. Voici ce qu'a écrit le Général GALLIÉNI (1849-1916) au sujet de cet héroïque fait d'armes (cf pages 433, 435, 436, 437) : - ...à la fin de 1904, et après une apparence prolongée de soumission, éclata chez les Antaisakas et Antaifasy de la province de Farafangana, un mouvement insurrectionnel qui se propagea en quelques jours vers le sud et gagna les districts du nord du cercle (militaire) de Fort-Dauphin... ...Les causes véritables de cette insurrection du sud ont été l'esprit superstitieux et les habitudes pillardes des tribus chez lesquelles elle a éclaté... ...Des coureurs venant du nord ayant apporté à Fort-Dauphin la nouvelle des événements de Farafangana, un premier détachement de quelques tirailleurs sénégalais commandé par le sergent CASALONGA de l'infanterie coloniale fut envoyé aussitôt vers la région troublée. Au premier village où elle s'arrêta (AMPASIMENA), cette petite force, assaillie et cernée à l'improviste par 4 à 500 rebelles, se réfugia dans l'église avec ses munitions et approvisionnements et s'y mit en état de défense. Dix jours durant, elle soutint les assauts répétés des insurgés et par son feu leur causa des pertes sérieuses. Cependant la lutte était trop inégale, et l'assaillant finit par pénétrer dans le réduit. Mais il n'y trouva que des morts. Les défenseurs s'étaient fait tuer jusqu'au dernier, après avoir successivemment détruit les munitions et brisé les armes de ceux qui tombaient. Ces braves gens n'avaient rien voulu laisser que leur corps entre les mains de l'ennemi !... Le Général Galléni décida que le poste de Manantenina s’appellerait désormais poste Casalonga. - Le Commandant Paul GALY-ACHÉ, chef du bureau militaire du Gouvernement général, est beaucoup plus précis sur les circonstances du massacre du sergent CASALONGA et de ses compagnons <<...le 31 août (1905)...sur la rive du Mandrare où je viens d’atterrir, un habitant du village, cicerone improvisé, me montre un rocher surplombant la rivière, et sur lequel succombèrent le sergent CASALONGA et ses braves compagnons, lorsque, après un siège de onze jours, ils se furent décidés à quitter l’église d’ Ampasimena où ils s’étaient enfermés pour échapper aux bandes rebelles. Ce renseignement m’a d’ailleurs été confirmé par le commandant Tralboux...bientôt arrive la colonne, à la suite de laquelle je m’engage dans un sentier mouvementé, aux montées et descentes capricieuses, qui suit la rive gauche du Manampanihy, à travers les ravinala dont la monotonie est çà et là rompue par quelques bouquets d’arbustes...Tout à coup, la colonne fait un crochet à gauche pour gravir une hauteur...arrivé au point culminant de la colline, le Gouverneur descend de filanjana et s’avance entre le commandant Tralboux et le lieutenant Lefranc jusqu’aux ruines d’une vaste construction dont il ne subsiste que les fondations en pisé, auxquelles adhèrent encore quelques débris de planches brûlées. C’est là tout ce qui reste de l’église d’Ampasimena, où le sergent CASALONGA et neuf tirailleurs sénégalais résistèrent, pendant onze jours, aux furieux assauts des rebelles. La vue de ces murs calcinés, qui évoquent l’un des souvenirs les plus poignants de la rébellion, fait vibrer dans nos coeurs la fibre du patriotisme. Quel plus noble exemple d’héroïsme et de dévouement au drapeau que celui donné par ce modeste sous-officier ? Aux premières nouvelles encore confuses des événements d’Amparihy, le chef de bataillon Leblanc, commandant le cercle de Fort-Dauphin, décida d’envoyer des renforts au poste de Manantenina, dans le but de protéger le nord de son territoire contre les incursions des rebelles. Le sergent CASALONGA, qui tenait garnison à Ambovombé, poste principal de l’Androy, désigné pour cette mission de confiance, parvint après une marche longue et pénible à travers un pays hostile qui se soulevait, pour ainsi dire, sous ses pas, à Ranomafana dont il trouva le poste évacué et brûlé. Loin de perdre courage, il continue sa marche vers le nord, environné d’un essaim toujours grossissant de rebelles. Arrivé à Ampasimena, il reconnaît l’impossibilité de faire franchir à sa petite troupe, en présence de groupements hostiles, le Manampanihy, grossi par les pluies et sur la rive duquel ne se trouvent plus les pirogues habituelles. C’est alors qu’il se barricade dans l’église, où, pendant onze jours, en proie aux tourments de la faim et de la soif, il oppose aux insurgés qui le cernent une résistance invincible. Après cette lutte épuisante, ayant brûlé ses dernières cartouches, il fait ouvrir inopinément la porte de l’église. A la vue de ces hommes hâves, décharnés, mais toujours résolus, énergiques et dont les yeux brillent de fièvre, mais aussi d’une héroïque folie, les Malgaches s’écartent avec terreur et s’éparpillent dans toutes les directions. Peut-être CASALONGA eût-il pu profiter de cet instant de répit pour traverser le fleuve et gagner Manantenina qui n’était plus qu’à cinq heures de marche. Mais, par suite d’une aberration due sans doute à l’état de surmenage physique et moral dans lequel il se trouvait, au lieu de se diriger vers le nord, il prend la route d’Esira, poursuivi par les insurgés qui massacrent un à un les vaillants Sénégalais tombant le long du chemin, épuisés par les privations, à bout d’efforts vraiment surhumains. Mal renseigné, sans doute, le malheureux sergent évite le village ami d’Andasibé, où il eût trouvé le salut. Puis, harassé de fatigue et presque mourant, il se hisse péniblement avec ses derniers tirailleurs sur un rocher dominant le Mandrare, à 20 kilomètres d’Ampasimena. Il y est aussitôt rejoint et assailli par la meute implacable attachée à ses pas, et n’ayant plus même la force de se défendre à la baïonnette, CASALONGA et ses compagnons trouvent enfin une mort glorieuse sous les sagaies de leurs misérables adversaires. Bientôt cependant, l’ivresse meurtrière des sauvages habitants d’Ampasimena se dissipe, et, effrayés des conséquences inévitables de leur triste victoire, ils se mettent en devoir d’ensevelir leurs victimes que, sans doute, << ils regardaient sans peur pour la première fois >>. Ils les enveloppèrent avec un soin pieux, qu’on s’étonnera sans doute de rencontrer chez ces tribus barbares, dans de grandes feuilles de ravinala et les déposèrent côte à côte dans le creux d’un ravin. C’est là qu’après la réoccupation de Ranomafana et le débloquement de Manantenina on retrouva les restes des héros d’Ampasimena. Ils reposent aujourd’hui dans un petit cimetière placé près de l’entrée du poste de Manantenina, qui a reçu le nom de poste CASALONGA, pour perpétuer la mémoire du valeureux sous-officier. Sont-ce bien les meurtriers de CASALONGA qui nous accueillent aujourd’hui avec des transports d’enthousiasme au moment où, émus et pensifs, nous descendons la pente qui conduit de l’église vers la rivière, où nous attendent les pirogues. >>351 pages 60, 61, 62, 63, 64, 65, 74, 78 (croquis du Cercle de Fort-Dauphin), 81, et 177 - Dans un livre écrit par les Pères Jésuites de Madagascar (ouvrage à rechercher), il est aussi fait mention du sacrifice de Paul-Jérôme et de ses neuf tirailleurs massacrés à Ampasimena (en français : les sables rouges180). - La statue du Sergent CASALONGA, réalisée par A. GRANOUX et Cie, fondeurs à MARSEILLE, est l'oeuvre du sculpteur marseillais Valentin PIGNOL (o 20 dec 1862 à Roquevaire, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, France, + 7 jan 1912 à Marseille, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, France), Professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille, avec le concours de son élève Henri RAYBAUD. La statue est en bronze, sa hauteur est de 2 mètres 20, le piédestal, en porphyre du pays, a été exécuté d’après les dessins de M. ROTTER, architecte de la ville d’Ajaccio. - Le 15 juin 1912, les cendres du Sergent CASALONGA arrivèrent à Ajaccio, sur le bateau Italia, ramenées de Madagascar et transportées le même jour dans son village natal et déposées dans une chapelle privée. L’inhumation eut lieu solennellement le samedi 14 septembre 1912 dans le caveau pratiqué sous le Monument qui avait été inauguré le lundi de Pâques 17 avril 1911 à 14 heures350 sur la place en terrasse (nommée place d’Ampasimena), à l'entrée du village d'ALATA, en présence d’une foule considérable, évaluée à plus de 5000 personnes. - AJACCIO a également rendu hommage à Paul-Jérôme : en effet , il existe dans cette ville une rue Sergent CASALONGA ; délibération du Conseil Municipal d’Ajaccio du 8 avril 1911 sur la proposition de Monsieur Dominique PAOLI.350,352,349 - En ce qui concerne la presse de l'époque, on peut prendre connaissance : . du Petit Journal supplément illustré du 16 avril 1905 - Une poignée de Héros : Mort du sergent CASALONGA et de ses tirailleurs sénégalais dans l'église d'AMPASIMENA (Madagascar) - Site web d'Alain NOËL http://cent.ans.free.fr/menu.htm http://cent.ans.free.fr/pj1905/pj75216041905b.htm353, 354, 355 . Le Petit Corse du 13 décembre 1908 - Le Héros d’Ampasiména, article du Lieutenant Colonel CAMPI. . Le Figaro du 18 avril 1911, n° 108, page 5 - Inauguration de la Statue. . L’Illustration du 23 avril 1911 - Le Monument du sergent CASALONGA. . La Jeune Corse du 16 septembre 1912 - Les obsèques du sergent CASALONGA, article de Paul VALOT. . La Jeune Corse du 17 septembre 1912 - les obsèques du sergent CASALONGA (suite) Discours du Commandant CACCIAGUERRA. .Ultérieurement, in “ le Petit Marseillais “ (édition de la Corse) : Belles figures de Corse - Le sergent Casalonga, Un chevalier de l’Aventure - 9 et 14 mars 1938 ; article de Jean ALESANDRI. - Des informations complémentaires se trouvent à la page http://www.alata.fr/index.php/decouvrir/le-patrimoine/portraits Portrait (après celui de Charles-André POZZO DI BORGO) et dernière lettre de Paul-Jérôme.. | |||||||||||||||||||||||
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